Le champignon reishi (Ganoderma lucidum) est un polypore ligneux surnommé le « champignon de l’immortalité », utilisé depuis plus de 2 000 ans en Asie dans les pharmacopées chinoise et japonaise. Aujourd’hui, le champignon reishi intéresse autant les chercheurs (polysaccharides, triterpènes, etc.) que les myciculteurs, pour sa culture sur bûches de feuillus ou blocs de sciure bien maîtrisés.
1. Champignon reishi : identité, histoire et écologie 🌏
Le champignon reishi est le nom commun de Ganoderma lucidum, un basidiomycète de la famille des Ganodermataceae. On le retrouve sous les noms de reishi (Japon), lingzhi (Chine) ou ganoderme luisant en français. Ce polypore forme des consoles vernissées rouge-orangé à brun, souvent en forme d’éventail, avec un pied plus ou moins développé, poussant sur le bois.
Dans la médecine traditionnelle asiatique, le reishi est mentionné depuis plus de deux millénaires comme symbole de longévité et de vitalité. Il est séché, réduit en poudre ou extrait, puis intégré à des préparations diverses (tisanes, décoctions, poudres).
À l’état naturel, le champignon reishi pousse surtout sur des feuillus (chêne, hêtre, érable…) affaiblis ou morts. C’est un champignon lignicole saprophyte ou parasite, capable de dégrader lignine et cellulose du bois, ce qui en fait un excellent candidat pour la culture sur bûches ou blocs de sciure de bois dur.
2. Composés et propriétés étudiées du champignon reishi 🧪
Le champignon reishi est abondamment étudié pour la richesse de ses composés :
- Polysaccharides (dont des bêta-glucanes),
- Triterpènes spécifiques (acides ganodériques…),
- Composés phénoliques, peptides, stérols, etc.
Les recherches explorent notamment :
- des effets immunomodulateurs,
- une action possible sur le stress oxydatif,
- des effets anti-inflammatoires,
- des pistes autour du métabolisme (glycémie, lipides…).
Ces travaux restent du domaine de la recherche :
le reishi ne remplace pas un traitement médical et ne doit pas être présenté comme une solution miracle.
3. Usages courants et précautions ⚠️
Dans le commerce, vous trouverez le reishi principalement sous forme :
- de tranches séchées pour décoctions,
- de poudre à mélanger dans des boissons,
- d’extraits standardisés (gélules, liquides…),
- plus rarement, de champignon frais (sa chair est très fibreuse).
Il est souvent présenté comme un adaptogène, censé aider l’organisme à mieux gérer le stress, à soutenir l’immunité ou la vitalité générale, mais les preuves cliniques restent encore partielles.
Précautions importantes :
- Le reishi peut interagir avec certains traitements (anticoagulants, immunosuppresseurs, etc.).
- Il est déconseillé d’en consommer sans avis médical en cas de pathologies lourdes, de troubles de la coagulation, pendant la grossesse ou l’allaitement.
- Des effets indésirables (digestifs, cutanés…) sont parfois rapportés avec des extraits concentrés
👉 En pratique : parlez toujours de vos compléments à base de champignon reishi à votre médecin ou pharmacien avant de les intégrer à votre routine.
Par ailleurs, pour la partie recherche et ressources fongiques, vous pouvez consulter le Centre international de ressources microbiennes – champignons filamenteux de l’INRAE, qui conserve des souches d’intérêt biotechnologique au service de la bioéconomie. Inrae
4. Cultiver le champignon reishi à la maison 🍄
Pour la culture, le champignon reishi apprécie les substrats riches en lignine :
- bûches de feuillus (chêne, hêtre, charme…),
- blocs de sciure de bois dur supplémentés en son ou en céréales.
Vous pouvez partir de spawn de reishi sur grains ou de chevilles ensemencées pour les bûches.
En intérieur, on vise en général :
- Incubation :
- 21–27 °C,
- humidité ≈ 80 %,
- obscurité ou lumière faible.
- Fructification :
- 18–24 °C,
- humidité 80–90 %,
- échanges d’air réguliers (FAE),
- lumière diffuse pour guider la formation des sporophores.
Selon les paramètres et le substrat, un bloc de reishi met :
- quelques semaines à coloniser totalement le support,
- plusieurs semaines supplémentaires pour former ses formes « bois de cerf », puis ses consoles vernissées prêtes à la récolte.
Sur bûches en extérieur, le cycle est plus long (souvent un an ou plus), mais les récoltes peuvent se répéter sur plusieurs saisons.
5. Reishi et myciculture moderne 🌱
Pour un myciculteur, le champignon reishi est une espèce intéressante à ajouter à votre « menu » aux côtés des pleurotes, shiitakés, hydnes, etc. Il permet :
- d’explorer la culture sur bois dur,
- de travailler des blocs très denses,
- de profiter d’une morphologie spectaculaire entre les bois de cerf et les consoles vernissées rouge-orangé.
Sur TerraFungi, vous trouverez le matériel indispensable pour vos cultures de champignons gourmets et médicinaux : boîtes de Petri, milieux gélosés, substrats, accessoires de laboratoire… de quoi sécuriser vos essais autour du champignon reishi et des autres espèces que vous cultivez.