La paille en culture de champignons est une solution économique et ultra-efficace pour produire pleurotes & cie à la maison : voici le guide complet, de la préparation à la récolte.

1. Pourquoi utiliser la paille en culture de champignons ? 🌾
La paille en culture de champignons est l’un des substrats les plus simples et les plus accessibles pour démarrer la myciculture à la maison. Elle est bon marché, disponible partout, légère, et offre une structure aérée idéale pour le mycélium.
De nombreuses espèces comestibles apprécient un substrat à base de paille : pleurotes (gris, roses, jaunes), strophaire rouge vin, coprin chevelu, hydne hérisson, et même certains systèmes de culture pour le champignon de Paris lorsqu’elle est compostée avec du fumier.
En plus, la paille permet de valoriser un déchet agricole et de produire des kilos de champignons sur un volume réduit. Pour un débutant, la paille en culture de champignons est un excellent terrain d’apprentissage avant de passer à des substrats plus techniques.
2. Choisir et préparer la paille 🌡️💧
Avant de parler pasteurisation ou stérilisation, il faut partir sur une bonne base :
- Type de paille : paille de blé, d’orge ou d’avoine, bien jaune, sans odeur de moisi, sans taches verdâtres.
- État : sèche, propre, sans trop de poussière ni de terre.
- Taille des brins : idéalement 3–5 cm. Plus les brins sont courts, plus le mycélium colonise vite, donc moins de risques de contamination.
Hachage de la paille
- Petits volumes : ciseaux costauds ou sécateur (un peu long, mais possible).
- Volumes moyens : broyeur de jardin, tondeuse, voire grande paire de cisailles.
- Objectif : obtenir une paille défibrée, homogène.
Humidification
La paille doit être réhydratée pour atteindre environ 70 % d’humidité, ce qui est un bon repère pour la paille en culture de champignons.
En pratique :
- Faites tremper la paille dans de l’eau (bac, poubelle, grand seau) 1–2 h.
- Égouttez et pressez une poignée à la main : quelques gouttes doivent sortir, mais pas un jet continu.
3. Pasteuriser la paille : méthodes pas à pas 🔥
En myciculture, la pasteurisation vise à réduire la flore concurrente sans tout stériliser. Pour la paille en culture de champignons, c’est la méthode standard, surtout pour les pleurotes.
3.1. Pasteurisation à l’eau chaude (méthode classique)
- Remplissez un grand contenant (tonneau, gros bac, marmite) d’eau.
- Chauffez entre 60 et 70 °C (vous pouvez viser ~65 °C).
- Placez la paille dans des sacs en toile / jute ou directement en vrac dans le bac.
- Maintenez la paille immergée pendant 1 heure environ (poids, grille, pierre…).
- Sortez la paille, laissez égoutter 2–4 h jusqu’à la bonne humidité (test de la poignée).
- Lorsque la paille est retombée vers 20–25 °C, vous pouvez inoculer.
C’est la méthode la plus simple pour démarrer : un brûleur à gaz, un tonneau, un thermomètre, et vous êtes opérationnel.
3.2. Pasteurisation à la chaux (eau froide)
Pour limiter le gaz ou le chauffage, on peut utiliser une pseudo-pasteurisation à la chaux hydratée :
- Remplissez un bac d’eau froide.
- Ajoutez environ 2 g/L de chaux hydratée (Ca(OH)₂) et mélangez.
- Ajoutez la paille hachée et maintenez-la immergée.
- Laissez agir 12–24 h.
- Égouttez très bien, puis passez à l’inoculation.
L’eau basique (pH élevé) réduit fortement les contaminants et favorise l’implantation du mycélium. Cette méthode est très populaire pour la paille en culture de champignons de type pleurotes, surtout en low-tech.
3.3. Fermentation contrôlée (type compost)
Pour de gros volumes, certains producteurs laissent la paille fermenter :
- Monter un tas de paille bien humidifiée.
- Laisser la température interne monter vers 60–70 °C grâce à l’activité microbienne.
- Retourner le tas tous les 2–3 jours pour homogénéiser.
- Quand l’odeur devient douce, et que la température redescend, on utilise la paille comme substrat.
C’est plus lent, mais intéressant pour des installations en extérieur ou des projets très low-tech.
4. Stériliser la paille : quand est-ce utile ? ⚗️
En général, la paille en culture de champignons se contente très bien d’une pasteurisation. La stérilisation complète (autoclave, cocotte à 121 °C) est surtout utilisée lorsque :
- Le substrat est très supplémenté (son, farine, soja, etc.).
- On travaille avec des espèces plus exigeantes ou sensibles.
Pour une vraie stérilisation :
- Hydratez et conditionnez la paille (souvent en mélange avec copeaux/pellets).
- Mettez en bocaux ou en sacs filtrés.
- Stérilisez à 121 °C pendant 90–120 min à la cocotte/autoclave.
Attention : un substrat stérilisé est ultra-vulnérable aux contaminations. Sans chaîne propre (salle, flux laminaire, hygiène stricte), la stérilisation peut donner plus de problèmes que la pasteurisation.
5. Inoculer la paille et la mettre en culture (sacs & seaux) 🧬🍄
Une fois la paille pasteurisée et refroidie, on passe à l’étape clé de la paille en culture de champignons : l’inoculation.
5.1. Taux d’inoculation
En règle générale :
- Pleurotes sur paille : 5–10 % de blanc de grains par rapport au poids humide de paille.
- Espèces plus lentes (hydne hérisson, shiitake sur mélanges paille/bois) : 10–15 %.
Plus vous inoculez, plus la colonisation est rapide… et moins les contaminants ont le temps de s’installer.
5.2. Culture en sacs
- Préparez des sacs en plastique résistants à la chaleur, idéalement avec micro-filtres.
- Alternez couches de paille et de spawn, ou mélangez tout soigneusement dans un bac propre.
- Remplissez les sacs en tassant légèrement, sans compacter à l’excès : la paille en culture de champignons a besoin d’air pour respirer.
- Fermez les sacs (colson, ficelle, soudure) et percez plus tard des trous de fructification (ou utilisez des sacs pré-perforés).
- Incubez à 20–24 °C selon l’espèce, dans le noir ou la pénombre, avec une bonne ventilation.
Quand le sac est entièrement blanc (mycélium), on peut déclencher la fructification : lumière diffuse, air frais, forte humidité.
5.3. Culture en seaux (buckets)
La culture en seaux est parfaite pour les pleurotes :
- Prenez un seau alimentaire (10–20 L).
- Percez des trous de 10–20 mm sur les côtés et le fond (évacuation + sorties de champignons).
- Mélangez soigneusement paille pasteurisée et blanc de grains.
- Remplissez le seau, tassement léger.
- Incubez comme pour les sacs, puis placez le seau en salle de fructification :
- Humidité 85–95 %,
- Bonne aération,
- Un peu de lumière indirecte.
Les pleurotes sortiront par les trous, en belles grappes faciles à récolter.
6. Quelles espèces cultiver sur paille ? 🍽️
Quelques bons candidats pour la paille en culture de champignons :
- Pleurote gris (Pleurotus ostreatus) : le champion de la paille, très tolérant.
- Pleurotes roses et jaunes : plus sensibles aux variations, mais très décoratifs.
- Strophaire rouge vin (Stropharia rugoso-annulata) : souvent cultivé sur copeaux, mais apprécie aussi des mélanges paille/copeaux.
- Coprin chevelu (Coprinus comatus) : sur compost de paille/fumier ou mélanges riches.
- Hydne hérisson (Hericium erinaceus) : plutôt bois, mais possible sur substrat bois/paille supplémenté et bien travaillé.
Pour aller plus loin sur la composition des substrats (paille, sciure, eau, etc.), un article comme celui de cultiver-les-champignons.com donne des repères d’hydratation et de ratios très utiles pour adapter vos recettes.
7. Erreurs fréquentes & astuces 💡
Pour réussir votre paille en culture de champignons, gardez l’œil sur :
- Humidité excessive : paille dégoulinante = bactéries, odeurs acides, sacs gluants. Bien égoutter après trempage.
- Pasteurisation trop chaude (>80 °C) : vous tuez aussi les microbes “alliés” et laissez parfois le champ libre aux pires contaminants.
- Hygiène négligée : mains sales, outils souillés, locaux poussiéreux = moisissures vertes et noires.
- Substrat trop compact : le mycélium a besoin d’air ; si vous tassez comme du béton, la colonisation sera lente et irrégulière.
- Sous-inoculation : 1–2 % de spawn sur paille, c’est souvent trop peu en amateur. Montez à 5–10 % pour sécuriser.
Pour optimiser vos essais, vous pouvez coupler ce type de substrat avec d’autres ressources TerraFungi (blanc de grains, cultures liquides, accessoires de contrôle de l’environnement) disponibles sur votre boutique :
👉 TerraFungi – Cultiver la différence
Pour une vision plus “institutionnelle” de la myciculture à la maison (dont la préparation et la pasteurisation des substrats), vous pouvez consulter la fiche pédagogique de la Fédération québécoise des groupes de mycologues.fqgmyco.org