La culture de pleurotes est l’une des cultures les plus simples, rapides et gratifiantes pour produire vos propres champignons à la maison. Avec un bon substrat, quelques règles d’hygiène et un contrôle basique de la température, de l’humidité et de l’air, vous pouvez récolter des kilos de pleurotes savoureux en quelques semaines seulement. Ce guide essentiel sur la culture de pleurotes vous accompagne pas à pas, du choix du substrat jusqu’à la récolte.
1. Pourquoi choisir la culture de pleurotes ?
Les pleurotes (Pleurotus spp.) font partie des champignons les plus cultivés au monde, juste derrière le champignon de Paris.
Quelques atouts qui rendent la culture de pleurotes particulièrement intéressante :
- ✅ Faciles à cultiver : mycélium agressif, colonisation rapide, très tolérants aux petites erreurs.
- ⚡ Cycle court : 2 à 3 semaines d’incubation du substrat, puis fructification en quelques jours seulement.
- 🌱 Valorisation des déchets : paille, pellets de paille, sciure de bois, marc de café, carton et autres résidus agricoles peuvent servir de substrat.
- 🍽️ Excellents en cuisine : texture ferme, goût délicat, parfaits en poêlée, en soupe, en tempura, etc.
Si vous débutez la culture de pleurotes, c’est clairement l’espèce idéale pour vous lancer.
2. Les bases à connaître avant de démarrer
2.1. Le cycle de la culture de pleurotes
- Spawn / semence : le mycélium est cultivé sur des grains (blé, seigle, millet…).
- Substrat : support végétal (paille, copeaux, marc de café…) préparé, humidifié et pasteurisé.
- Ensemencement : on mélange le spawn au substrat.
- Incubation 🌡️💧 : le mycélium colonise le substrat dans l’obscurité, avec une température modérée et une humidité élevée.
- Fructification 🔆💨 : on ouvre ou on perce les sacs, on baisse la température, on augmente la ventilation et on garde une forte humidité pour faire sortir les pleurotes.
2.2. Conditions générales pour la culture de pleurotes
Les valeurs exactes varient selon les espèces (pleurote gris, pulmonarius, jaune, etc.), mais on peut résumer :
- Incubation
- Température : ~20–24 °C
- Humidité relative : 80–95 %
- CO₂ : élevé (> 5000 ppm), aucune lumière nécessaire.
- Fructification
- Température : ~12–20 °C (jusqu’à 25 °C pour certaines variétés comme P. pulmonarius).
- Humidité relative : 85–95 %
- CO₂ : < 1000 ppm (bonne ventilation)
- Lumière : 500–1500 lux (lumière diffuse type jour indirect)
Bien gérer ces paramètres est la clé d’une culture de pleurotes productive : trop sec = petits champignons déformés, trop de CO₂ = pieds allongés et chapeaux minuscules.ResearchGate+1
3. Choisir le substrat pour la culture de pleurotes
Les pleurotes sont “lignivores” : ils digèrent la cellulose et la lignine. Ils adorent :
- 🌾 Paille de céréales (blé, orge, seigle) – support le plus classique.
- 🪵 Sciure / copeaux de feuillus (hêtre, chêne…)
- 🔥 Pellets de paille ou de bois (faciles à stocker et hydratation rapide).
- ☕ Marc de café (à utiliser mélangé, car très riche et compact).
Un bon substrat pour la culture de pleurotes doit :
- Avoir une structure aérée (pas de bloc trop compact).
- Afficher un taux d’humidité correct (test de la poignée : quelques gouttes, mais pas de ruissellement).
- Offrir un rapport C/N autour de 30:1 avec un pH légèrement acide à neutre.
4. Préparation du substrat : pasteurisation ou stérilisation
Pour que votre culture de pleurotes ne soit pas envahie par les moisissures, il faut réduire la concurrence microbienne :
4.1. Pasteurisation à chaud (idéal paille & pellets)
- Chauffer l’eau à 60–70 °C.
- Immerger la paille ou les pellets 1–2 h (selon le volume).
- Égoutter soigneusement jusqu’au bon niveau d’humidité (test de la poignée).
C’est la méthode la plus répandue chez les producteurs artisanaux de pleurotes.
4.2. Alcalin (chaux ou carbonate de calcium)
- Préparer une eau à la chaux (pH basique).
- Faire tremper la paille 12–18 h.
- Égoutter et ensemencer.
4.3. Stérilisation
Plus utilisée pour des substrats très riches (mélanges grains + sciure par exemple) : stérilisation en autoclave / cocotte-minute à 121 °C pendant 90 min, puis ensemencement en conditions très propres.
Pour une culture de pleurotes domestique, la pasteurisation à l’eau chaude ou à la chaux suffit largement.
5. Étapes pas à pas : de l’ensemencement à l’incubation
5.1. Hygiène et préparation
- Nettoyez le plan de travail, les seaux et outils (eau savonneuse + désinfectant léger).
- Lavez-vous les mains, portez des gants si possible.
5.2. Ensemencer le substrat
- Substrat pasteurisé, refroidi, bien égoutté.
- Taux de spawn conseillé : 2 à 10 % du poids humide du substrat (un peu plus si vous débutez, pour sécuriser la culture de pleurotes).
- Mélangez soigneusement le spawn dans tout le volume pour une colonisation homogène.
Remplissez des sacs micro-perforés ou des seaux percés de trous, en tassant légèrement le substrat (ni trop compact, ni trop lâche).
5.3. Incubation
Placez vos sacs de culture de pleurotes dans une pièce :
- À 20–24 °C environ,
- Dans le noir ou la pénombre,
- Avec une bonne humidité ambiante (70–80 % suffisent si les sacs sont fermés),
- Sans ventilation excessive (on veut garder un CO₂ assez élevé pendant cette phase).
En 10–20 jours selon le substrat et l’espèce, les blocs deviennent entièrement blancs : le mycélium de pleurote a colonisé toute la masse
6. Passage en fructification : déclencher la formation des pleurotes
Une fois la colonisation terminée, on change les paramètres pour lancer la fructification :
- Entaillez ou ouvrez les sacs sur les côtés (croix, bandes longitudinales…).
- Descendez la température vers 15–20 °C (selon la souche).
- Maintenez l’humidité de l’air à 85–95 % avec brumisation fine ou humidificateur.
- Assurez une bonne ventilation (air frais plusieurs fois par heure, extraction ou ouverture régulière de la pièce).
- Fournissez une lumière diffuse (fenêtre, éclairage LED doux 8–12 h/jour).
En quelques jours, vous verrez apparaître des primordia (petites “épingles” blanches), puis des bouquets de pleurotes bien formés.
7. Erreurs fréquentes en culture de pleurotes (et comment les éviter)
- 💧 Air trop sec : chapeaux craquelés, bords recroquevillés.
- ➜ Augmentez la brumisation, ajoutez des bacs d’eau, améliorez l’isolation de la chambre de fructification
- 🌫️ Trop de CO₂ : pieds très longs, petits chapeaux.
- ➜ Augmentez la ventilation (FAE), installez un petit extracteur ou ouvrez plus souvent.
- 🦠 Contaminations vertes (Trichoderma) ou noires :
- Souvent liées à une pasteurisation insuffisante, un substrat trop humide ou un environnement très sale.
- 🌡️ Température trop élevée :
- Le mycélium peut souffrir au-delà de 28–30 °C et laisser la place aux bactéries.
En ajustant ces paramètres, votre culture de pleurotes devient beaucoup plus stable et productive.
8. Récolte, conservation et utilisation
- Récolte : cueillez les bouquets lorsque les bords des chapeaux sont encore légèrement enroulés (avant qu’ils ne deviennent trop plats et ne libèrent beaucoup de spores).
- Coupe : saisissez tout le bouquet et coupez à la base, proprement.
- Rendement : un bon bloc de culture de pleurotes peut donner 2–3 “volées” successives, pour un rendement total de 50–100 % du poids sec de substrat selon la recette et la souche.
- Conservation :
- Au frais (2–4 °C) 5 à 7 jours,
- Ou transformés : séchage, conserve, pickles…
Pour profiter de votre récolte, vous pouvez par exemple tester une recette comme la recette de pleurotes jaunes croustillants proposée sur TerraFungi, parfaite pour mettre en valeur vos champignons maison.
9. Aller plus loin dans la culture de pleurotes
Une fois à l’aise avec la culture de pleurotes sur paille ou pellets, vous pouvez :
- Tester différentes espèces (pleurote gris, pulmonarius plus adapté aux chaleurs, pleurotes jaunes ou roses très décoratifs).ResearchGate+1
- Travailler sur des substrats alternatifs (paille de chanvre, mélanges avec marc de café, drêches de brasserie, etc.).Agri-Réseau+1
- Utiliser des blocs de substrat déjà incubés et prêts à fructifier pour gagner du temps